Editorial: Quand le sucre m’a aidé à comprendre Matthieu 7:13–14

Un matin ordinaire, un geste banal : je verse du sucre dans un bol. À mes côtés, mon fils, curieux comme tous les enfants. En un instant, il attrape une petite poignée de sucre et l’avale. Aussitôt, il s’écrie en kirundi« Baratubesha ngo isukari irarwaza kandi iryoshe. Ntigwaza iryoshe ! » On nous ment en disant que le sucre rend malade alors qu’il est bon. Ce qui est bon ne rend pas malade ! »)

Je le regarde, stupéfait… puis je ris. Mais cette phrase, dite avec l’innocence de l’enfance, ne me quitte plus de la journée. Elle est devenue pour moi une clé de lecture spirituelle puissante, presque brutale. Elle m’a aidé à comprendre, d’une manière très concrète, les paroles de Jésus dans Matthieu 7:13–14 qui nous encouragent d’entrer par la porte étroite. 

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L’incapacité de relier le plaisir et la douleur

L’enfant vit dans l’instant. Sa petite tête ne peut pas encore contenir une réalité complexe : celle où le plaisir immédiat peut conduire à la souffrance future. Pour lui, ce qui est doux ne peut être mauvais. Ce qui fait mal est forcément mauvais. Il lui est impossible d’associer le goût sucré du sucre au goût amer de la maladie.

Pourtant, il sait ce qu’est la douleur : les injections, les vomissements, la faiblesse du corps malade. Mais pour lui, ces réalités appartiennent à un « jamais ». Elles sont loin, déconnectées de l’instant présent.

Et soudain, cette naïveté enfantine devient un miroir de notre condition humaine.

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Une vérité inconfortable de la vie

En grandissant, nous découvrons — parfois trop tard — une vérité dérangeante :

Ce qui nous détruit est souvent enveloppé de plaisir. Ce qui nous sauve est souvent enveloppé d’amertume.”

Le mensonge est plus facile que la vérité.

Le vol est plus rapide que le travail.

La vengeance est plus satisfaisante, sur le moment, que le pardon.

Le compromis est plus confortable que la droiture.

Marcher droit exige de la discipline.

Aimer celui qui nous a blessés est amer.

Pardonner coûte.

Résister à la tentation fatigue.

Refuser les raccourcis demande du courage.

Mais les raccourcis, eux, séduisent. Ils promettent le succès sans effort, l’élévation sans intégrité, la victoire sans combat. Et pourtant, ils mènent rarement à la vie.

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Le chemin étroit et la finalité

La différence ne se trouve pas dans l’apparence des chemins, mais dans leur finalité.

C’est pourquoi Jésus déclare avec lucidité :

« Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et nombreux sont ceux qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux sont ceux qui le trouvent. » (Matthieu 7:13–14)

Le chemin qui mène à la vie n’est pas attrayant au premier regard. Il demande renoncement, persévérance, fidélité. Il est parfois amer, mais il guérit. Il fait mal, mais il sauve.

En tant que Chrétiens, nous devons apprendre à choisir au-delà du goût. 

Comme des enfants, nous confondons souvent ce qui est bon au goût et ce qui est bon pour la vie. La maturité spirituelle consiste à apprendre à regarder plus loin que l’instant, plus loin que le plaisir, plus loin que l’émotion.

Que Dieu nous accorde la sagesse de choisir le chemin étroit, même lorsqu’il est difficile.

Car au bout de ce chemin, il y a la vie.

Ange Paulette Girizina is one of the Authors on The Baptist Chronicle's editorial team. 
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